Avec La Divine Comédie et Hamlet comme spectacles vedettes, la 62e édition du Festival d’Avignon, du 4 au 26 juillet 2008, se veut cette année, résolument européenne. L’Inferno dantesque revisité par l’artiste italien Romeo Castelucci est le clou de l’édition 2008. Il se jouera à la prestigieuse Cour d’honneur du Palais des Papes. A guichets fermés.
Les autres temps forts du festival sont, outre Hamlet joué par une troupe allemande, la représentation du Partage de Midi de Paul Claudel, La Mouette de Tchekhov et plusieurs spectacles de danse contemporaine. Cette programmation à forte coloration européenne a été organisée pour coïncider avec la présidence française de l’Union européenne qui a débuté le 1er juillet 2008.
Mais le parti-pris de l’Europe au Festival d’Avignon, l’une des plus grandes et plus réputées des manifestations de théâtre et de spectacles vivants dans le monde, n’a toutefois rien d’anecdotique. Son codirecteur Vincent Baudriller qui, avec Hortense Archambault, dirige le festival depuis 2003, ne cesse de marteler que «l’Europe est l’espace naturel du Festival d’Avignon». D’ailleurs, après l’ouverture des années 80 et 90 aux traditions théâtrales du monde entier, ce festival s’est recentré sur des créations françaises et européennes.
Tout en accueillant certaines années, un ou deux spectacles de grande qualité venus des autres continents. C’était le cas en 2007, on s’en souvient, avec la présence marquante de deux artistes congolais, le chorégraphe Faustin Linyekula et le comédien Dieudonné Niangouna. Cette année, c’est le Libanais Wajdi Mouawad, exilé au Canada, qui incarnera à Avignon officiel, l’imaginaire extra-européen avec sa pièce intitulée Seuls. Spectacle solo, interprété par Mouawad lui-même, la pièce raconte les heurs et malheurs d’un Libanais exilé au Canada, qui n’est autre que l’auteur lui-même.
LE OFF, UN FOISONNEMENT CREATEUR
Quant à l’Afrique noire et sa diaspora, elles ne sont guère représentées cette année dans la programmation In. Mais heureusement qu’il y a le Festival Off, l’antichambre de la manifestation officielle, où entre en résonance dans un foisonnement créateur, une variété de spectacles représentatifs des sensibilités et des mondes les plus divers.
Le public y retrouvera notamment Africare, le spectacle dansé, chanté et filmé de Lorent Wanson qui a pour l’ambition de faire entendre la voix de l’Afrique et du Congo «avec leurs catastrophes mais aussi leur énergie». Wanson donne la parole aux Congolais victimes indirectes du génocide rwandais, mêlant l’actualité et l’imaginaire dans une démarche de «théâtre total» dont on ne sort pas indemne.
Autre grand moment du Off, A Love supreme, un spectacle de jazz-théâtre conçu par le plus jazzy des écrivains africains, Emmanuel Dongala et mis en scène et musique sur des partitions de Coltrane. Enfin, Greg Germain, directeur de l’incontournable théâtre de la Chapelle du Verbe incarné, a mijoté pour les festivaliers tentés par les saveurs d’ailleurs, un programme de lectures et de spectacles réunissant, entre autres, Aimé Césaire, Léon-Gontran Damas, Maryse Condé et l’Ivoirien Koffi KwahuléMfi.
lequotidien.sn