VTraditionnel rituel « Surtout, n'ayez pas peur... Tout va bien », lance, samedi soir, le sculpteur Simonet Biokou. Aux anges, il se laisse transporter par les chants et les danses des maîtres de cérémonie, venus spécialement du Bénin, qui s'inclinent devant sa statue représentant le dieu protecteur des forgerons, Ogoun. « Aujourd'hui, on sacralise ce dieu qui est grand. L'Afrique ne peut pas perdre sa tradition.
Elle doit transmettre sa connaissance », lance-t-il comme un appel, pendant que le prêtre vaudou Damien Goudhouandji et ses initiés déposent, tête baissée, quelques offrandes, mélange de farine de maïs et d'huile rouge. « Mais le dieu ne mange pas beaucoup », précise le prêtre, avant d'associer le maire de Wambrechies, Daniel Janssens, lors de son invocation des esprits.
Tenant les ficelles d'une baguette, le maire de Wambrechies ne quitte pas des yeux l'objet qui sort aussitôt de l'inertie pour se mettre à danser. « Ogoun restera ici, se réjouit le sculpteur Simonet Biokou. Cette ville et son maire seront protégés. Et si des hommes sont contre M. Janssens, qu'ils se méfient ... » VLe Bénin, porté par le Vaudou « Le vaudou, c'est notre culture, notre patrimoine.
Il a pris sens il y a trois siècles », relate Richard Tozé, un des initiés béninois. Nos ancêtres se sont adressés aux esprits, présents notamment dans la forêt. Ils ont vu leur demande satisfaite et le vaudou est né comme ça. » Pour Simonet Biokou, comme pour tous les Béninois, il est impératif de « respecter les règles, les interdits qui diffèrent selon les dieux, sinon le malheur s'abat. » Impossible d'oublier une offrande, un sacrifice d'animaux ou une fête religieuse.
En 1972, le président Mathieu Kérékou avait interdit le vaudou « mais il n'est pas resté au pouvoir grâce à la force de ce culte », est persuadé Richard Tozé. Il a eu énormément de problèmes et a même fini par demander pardon. Le vaudou a su résister. Principale religion du pays, elle s'est développée dans le monde. » VLe prêtre, homme d'importance Le secret du vaudou, c'est son père, au crépuscule de sa vie, qui le lui a confié. Damien Goudhouandji, prêtre vaudou à Adjarra, n'en dira pas plus sur cette transmission. « Vous savez, il a reçu un enseignement strict, très dur durant des années », explique Richard Tozé.
En nombre, les Béninois le consultent dans sa demeure. Et même parfois, de beaucoup plus loin... « Une Camerounaise est venue me voir de Lyon. Sa maison était envoûtée. Je lui ai proposé de se rapprocher du fétiche de la terre et de se recueillir sur la tombe de sa mère. Au bout d'un mois, tout est rentré dans l'ordre. » En plus des consultations du fâa, Damien délivre aux habitants des conseils d'herboriste.
Et procède aux cérémonies vaudou qui se déroulent souvent autour d'un arbre et « sont parfois des zones interdites aux non-initiés. » Avec, en filigrane, toujours le même objectif : « l'harmonie de l'être humain », en lien avec dame nature.
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