La circoncision se signale ici par des doigts acérés coiffant un masque de métal. « Elle est collective et se pratique entre 7 et 15 ans. On devient mâle. Avant, on est indéterminé, ni mâle ni femelle », poursuit Fabrice Pirez, qui a classé les objets par type et destination, dans un riche panorama de 200 pièces. Et, dans chaque sous-ensemble, des étonnements et des émerveillements.
Parmi les fers forgés qui étirent les humains, un couple lève les bras au ciel. C'est un « accroche-nuages » dogon (Mali), sorti de l'étroit foyer, dans ce continent sans charbon. Agenouillé, d'une épure toute contemporaine, ce personnage du peuple Gan (Burkina Faso) a les bras en forme de coeur et la tête d'un chacal abstrait. Un cheval en fonte (Djenné, Mali) rappelle l'hydre grecque. Et les masques royaux irradient de subtils regards, une intense patine ; courbes cornues et dentelles de métal.
Parmi les masques de sociétés secrètes, aux matériaux mêlés (fer, bois, éléments organiques), les gazelles-crocodiles ou phacochères à plumes du Kono, les mâchoires cracheuses de feu, le buffle-heaume bicéphale et l'autel-oiseau à rigole de sang gravée des Senoufo. Tous ces objets ont plusieurs siècles. Quand le boli du Mali, compact phacochère de terre et de bois, recouvert de matières sacrificielles, semble sans âge. •
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